Pendant mes deux premières années de restauration et reliure, je ne me suis pas contentée de mes journaux de Mickey. En parallèle de stages ponctuels, dont je vous parlerai dans un autre article, je me suis attaquée à la restauration de dictionnaires. Ce projet était bien moins titanesque que celui des journaux de Mickey, mais tout aussi important sentimentalement pour moi. En effet, il est question ici de livres ayant appartenus à mon papa et à ma grand-mère maternelle. Je l’avoue, pour débuter, j’ai choisi les dictionnaires les moins abîmés de la famille : les blocs livre étaient intacts, il n’y a pas eu de couture à prévoir. À présent, je vous invite à découvrir les détails de ces deux aventures.
Commençons par celui de ma grand-mère, un Larousse élémentaire illustré de 1918.
C’était le moins endommagé des deux :
Le dos ne tenait plus qu’à un fil.
Les pages de garde étaient coupées en deux en début et fin du volume.
Une page avec les drapeaux avait été recollée avec du scotch.
Les cartons étaient un peu élimés.
Photos avant restauration
Dans un premier temps, je me suis occupée de la page des drapeaux qu’il m’a fallu décoller avec précaution, restaurer avec du papier japonais au niveau de déchirures, équiper d’un onglet pour enfin la recoller proprement dans le volume.
Ensuite est venu le tour du bloc livre. Après l’avoir complètement retiré de la carcasse, il m’a fallu nettoyer le dos tout en douceur pour ne pas abîmer les coutures existantes. À partir de là, j’ai refait des étapes plus classique de collage d’une mousseline, d’un soufflet et d’une carte à dos.
Dos avant restauration.
Dos équipé de sa mousseline, son soufflet et de sa carte à dos.
Les cartons étaient également un peu fatigués. Ils ont été renforcés en tête, queue et gouttière avec du papier japonais. Les zones le long du dos ont été dégagées pour permettre le collage d’une nouvelle toile dans le but de reconstituer la carcasse.
Le bloc livre a pu être alors emboité dans celle-ci.
Carcasse reconstituée avec les cartons d’origine et une nouvelle toile.
Ce fut enfin l’entrée en piste des nouvelles pages de garde.
Et pour finir, après l’avoir restauré un peu (collage sur un papier de renfort, retouches de couleur), j’ai pu coller l’ancien dos sur la nouvelle toile.
Passons maintenant au dictionnaire de mon papa, une édition datée de 1947 du nouveau petit Larousse illustré.
Le bloc livre était « pratiquement » intact. Par contre, le dos était cassé en deux, les cartons détachés, les pages de garde de couleur très abîmées ou manquantes. Des pages étaient aussi « réparées » avec du scotch, la première page avait des manques et était volante.
Dos cassé, cartons détachés.
Ce qu’il restait des gardes de couleur.
Première page abîmée et volante.
La première page n’étant pas imprimée au verso (elle est dite muette), une feuille de papier japonais a pu être collée sur toute sa surface. Elle a été ainsi renforcée, et les manques comblés.
La page a pu ainsi être recollée en début du bloc.
La carcasse a été reconstituée comme pour le dictionnaire précédent en regroupant les deux cartons grâce à une toile neuve. C’est sur celle-ci, qu’après avoir été restauré, l’ancien dos a pu être collé.
Dos avant restauration
Dos restauré et collé sur la nouvelle toile
Restait enfin le plus délicat de ce dictionnaire, les pages de garde de couleur qui étaient très abîmés et / ou manquantes. Après plusieurs essais de photocopies non concluants, un courrier aux éditions Larousse resté sans réponse, j’ai refait par moi-même les gardes de couleur.
Pour ce faire, j’ai scanné des motifs intacts des gardes existantes, je les ai ensuite dupliqués pour en faire une page complète. J’ai dû ensuite trouver le papier adéquat en couleur et grammage pour les impressions.
Impressions des futures gardes de couleur
Les nouvelles gardes de couleur enfin dans le dictionnaire.
Ainsi se termine ces premières restaurations de dictionnaire. Je vous en présenterai deux autres par la suite où là les livres nécessitaient un démontage et remontage complet.